Handicap moteur : scolarisation secondaire, supérieure et insertion professionnelle

La scolarisation est un des soucis majeurs pour l’ensemble des parents d’enfants handicapés moteurs.

Nous ne reviendrons pas ici sur la scolarité en école primaire où la concertation entre la MDA  et l’Education nationale (professeurs et AVS) est fondamentale pour l’intégration de l’enfant et pour son suivi scolaire. Nous nous focaliserons sur l’enseignement secondaire et éventuellement des études supérieures, classiques ou à vocation professionnelle.

Concernant l'enseignement secondaire, avoir un esprit novateur en termes d'accueil dans des établissements adaptés par un maillage territorial pratique permettrait aux enfants de suivre une scolarité en faisant partager le handicap aux enfants valides. La notion de groupe, de  vivre ensemble pour les enfants valides et handicapés est fondamentale pour les deux parties. Ainsi, le regroupement des enfants handicapés dans quelques établissements leur permettra de ne pas être isolés et de pouvoir plus facilement communiquer avec les enfants valides. Pour ces derniers, c'est ce sera un enrichissement car il aura pour conséquence de développer  auprès d'eux une autre image du handicap et leur fera prendre  conscience que certains problèmes de l'adolescence sont mineurs.  Le groupe, c'est naturel, il rend les êtres humains plus forts et engendre l'extériorisation donc l'expression. Par ailleurs, cela permettrait aux collectivités des économies en adaptant un nombre restreint d'établissements et plus probablement un meilleur agencement de ces établissements choisis. Enfin, l'efficacité du système ferait que L'Education nationale pourrait mieux affectée des professeurs sensibles au handicap qui ont une pédagogie adaptée à ses enfants ou plus encore à ces classes mixtes.

A ce titre,  nous souhaitons ici remercier Eric Kropp pour l’établissement qu’il a conduit pendant plusieurs années à Vaucresson (Toulouse Lautrec)  et de la qualité des dispositifs qu’il a mis en place. D’autres directeurs d’établissements et professeurs ou personnels éducatifs sont remarquables mais il est toujours bon de le faire savoir et de dialoguer pour mieux encore faire évoluer le système.

Permettre la poursuite des études en milieu classique ou  en EREA est donc fondamentale pour les adolescents handicapés moteurs car plus ils progressent dans leur cursus plus leur intégration en milieu professionnel augmente; les statistiques de la "Charte Handicap Université" en font largement mention. De plus, de ne pas amener ces enfants et adolescents vers le monde éducatif, de la culture est un manquement républicain grave par l'absence d'égalité.

Notre devoir en tant que parents est de diffuser nos expériences et mettre en avant les expériences positives du corps enseignant impliqué réellement dans ce domaine. Le combiné médical éducatif est essentiel comme le rappelle la "Chartre Handicap Université" précédemment citée.

Donc réduire le nombre d'établissements n'est pas discriminant contrairement à un avis de novembre 2017 lu dans un rapport de CESER mais bien au contraire choisir quelques collèges et lycées avec un maillage territorial adapté, positif pour tous et permettant à tous les enfants en capacité d'être en milieu scolaire. Trop souvent, des propositions sont faites par des personnes ne cernant qu'une fraction du problème à traiter. La discrimination ne réside pas dans le nombre d'établissements mais dans l'accessibilité elle-même avec une notion constructive: la vie de groupes.

Dans la poursuite des études, il existe des prises de conscience, une  évolution lente mais progressive de la société et une volonté sans faille d'hommes et de femmes qui depuis des décennies œuvrent en ce sens. L'université de Nanterre en est un exemple.

 

Ces expériences proviennent d'hommes et de femmes hors de tout clivage politique qui s'impliquent afin d'intégrer le handicap dans la vie quotidienne de chacun.

Cette action de long terme doit être efficace et si la lenteur est trop souvent constatée c'est qu'il y a eu un manque dans la présentation des problèmes un manque d'originalité dans les réponses et surtout un manque d'imagination lié non pas à un manque de compétences mais à un manque de mobilisation. Le handicap est bien réel;  ne traitons pas ces aspects comme s'ils étaient virtuels.

La poursuite de la scolarisation engendre plus facilement la poursuite de la professionnalisation. Intégrer le handicap dans la vie économique des entreprises et administrations passent par une relation forte avec ces deux acteurs économiques.

Il y a une différence fondamentale entre avoir quelques noms d'entités potentiellement employeuses et avoir un lien formalisé et régulier avec celles-ci ce qui explique le manque d'efficacité dans l'intégration du handicap en milieu professionnel.

Rappelons aussi que les mesures coercitives ne sont ni dissuasives et ni adaptées car la contribution versée à L'AGEFIPH en cas  de non respect de l'obligation d'emploi ou du manque de relation avec le secteur protégé représente 600 fois le SMIC horaire pour une entreprise de plus de 750 salariés et  de 400 fois le SMIC horaire pour une entreprise de 20 à 199 salariés. Pour la première, c'est ridicule et pour la deuxième, ce peut être pénalisant si elle set dans le bas de l'encadrement.  

Pour évoluer positivement, Il convient tout d'abord d'avoir des pilotes exemples. Or, les pilotes ne pourront être que des grandes entités très souvent plus équipées pour recevoir des personnes en situation de handicap. Les entités moyennes et petites ne sont pas exclues mais auront plus d'inconvénients à d'adapter leur structure et à respecter la notion de vie de groupe du fait du nombre d'employés.

Bien des aspects s'améliorent mais lentement par manque d'efficacité. Terminons ces quelques lignes par une vidéo qui montre l'évolution en termes d'accessibilité dans des immeubles et la simplification administrative lancé par le rapport Taquet-Serres du 28 mai 2018 en cliquant sur le lien ci-après:

 

Handicap - Confiance et simplification, maîtres mots du rapport Taquet-Serres sur les relations entre administration et personnes handicapées

 

 

Sophie TOUDY-CLEMENT

Présidente

 

 
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